Mark Lanegan Band - No Bells On Sunday

Sortir un EP puis un album à deux mois d’intervalles, sans aucun morceaux en commun, est plutôt rare. Mais Mark Lanegan est apparemment dans une période de productivité intense que rien n’arrête, et c’est tant mieux.

Il faut dire aussi que le Monsieur est hyperactif depuis un bon bout de temps. Ayant commencé à gratouiller des reprises de Leadbelly avec Kurt Cobain en 1989, il s’est ensuite illustré comme chanteur et leader des Screaming Trees pendant plus de 10 ans avant de rejoindre les Queens of the Stone Age avec qui il collabore toujours. Et ce n’est qu’un aperçu de son cv à rallonge.

Pour ceux qui ne le connaissaient pas, ou peu, le décor est donc planté. Mark Lanegan fait partie de la clique de Josh Homme, au côté d’autres artistes aussi talentueux que Pj Harvey, Chelsea Wolfe et Nick Oliveri, pour ne citer qu’eux. Il vient du blues, du grunge, du stoner, bref du rock sous à peu près toutes ses formes.

Mais ce qui est frappant chez Lanegan, outre sa légendaire voix rauque, c’est son éclectisme et sa facilité à passer d’un registre à un autre en toute décontraction, sans se soucier des qu’en-dira-t-on du milieu et en conservant malgré tout une cohérence déconcertante. En témoigne par exemple la douceur de ses reprises dans l’album Imitations de 2013 ou ses collaborations avec Isobell Campbell de Belle and Sebastian en 2006 pourBallad of the Broken Seas.

Et en témoigne également, pour entrer enfin dans le vif du sujet, la tendance électro, déjà très présente sur Blues Funeral (2012) et confirmée par l’EP No Bells on Sunday. Ainsi qu’il l’expliquait en août dernier au magazine londonien The Quietus, Mark Lanegan aime, pour composer, s’inspirer de ce qu’il écoute sur le moment et s’amuser à expérimenter en mélangeant différentes tendances.

En cinq titres, en effet, cet EP passe de la joie aux larmes, de mélodies légères et dynamiques comme sur Dry Iced, morceau inaugural aux belles accélérations, à des harmonies beaucoup plus profondes, sombres et mélancoliques sur le titre éponyme qui suit. Sad Lover, troisième titre, avec ses orgues, ses caisses claires et ses riffs de guitares dissociés du chant, me rappelle le dernier album des Sonic Youth, Eternal. Belle référence, vous en conviendrez. Même la voix de Lanegan s’y fait moins âpre qu’à l’habitude.

Ensuite, la ballade, Jonas Pap, plus classique paraît presque ennuyeuse comparé à l’originalité du reste. Et en conclusion, Smokestack Magic, boucle réellement l’EP : tout aussi électro que Dry Iced, on y retrouve pêle-mêle le spleen, la tranquillité et l’espoir qu’inspirent l’ensemble. Beaucoup d’échos, des synthés pop, sa voix de crooner qui prend enfin toute son ampleur.

A ce stade, il ne reste plus qu’une chose à faire : rembobiner en attendant Phantom Radio avec impatience.

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Un titre : Dry Iced
Le site : www.marklanegan.com
Pour écouter l’album : via deezer par exemple.

Bonus

En bonus la vidéo hypnotisante de Sad Lover !

 

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