Saint Motel

Il est des concerts desquels on attend beaucoup. Et dont on ressort forcément un peu déçu. À l’inverse, quand on va voir un groupe avec le simple espoir de passer une bonne soirée, rien de plus, on se laisse la chance d’être surpris. Ce fut le cas ce soir.

Air Bag One

D’abord par la première partie, Air Bag One. Le groupe, composé de 3 jeunes garçons, pourrait sembler sortir d’une usine à boys bands, tant tout y semble marketé. Du look au style musical, il n’y a pas grand chose qui dépasse.

Air Bag One

À en croire les petits cris adolescents des premiers rangs, le trio a déjà eu le temps de se construire une fanbase, qui ne manquera pas de gigoter sur 1992, hymne générationnel de leur prochain album Rich Kids. D’ailleurs, la qualité de jeu du batteur laisse penser qu’Air Bag One n’est pas composé de poseurs. Inattendu… mais pas salvateur pour autant. Ne leur manque plus que des compositions mieux construites, un peu moins vertes. De la maturité, en somme.

Saint Motel

Entre en scène Saint Motel. Guitare, saxo et lignes de basse en têtes, Feed Me Now donne le ton : le set sera énergique et généreux. Et c’est là toute l’intelligence de la pop de Saint Motel : franche, elle ne se travestit jamais et assume sa couleur gold. Pas celle du bling, mais celle du soleil californien, d’où vient le groupe. L’ambiance est lancée, le public a déjà le sourire vissé aux lèvres. S’enchaînent quelques titres de Voyeur, leur album estival de 2012. Benny Goodman est sautillant à souhait, Puzzle Pieces aussi efficace que sur album, peut être même plus… Rien à dire sinon que le groupe sait ce qu’il fait.

Saint Motel

Pourtant, le chanteur, derrière sa mèche et ses lunettes de geek, ne s’attarde pas trop. Le show, bien rôdé, ne prend malheureusement pas le temps d’installer une complicité avec la salle.

Il n’y a néanmoins pas de quoi bouder son plaisir, d’autant que s’annoncent les morceaux les plus récents, placés intelligemment en deuxième moitié de setlist. Si Ace In The Hole n’est pas vraiment convaincant sur platine, le titre dévoile joliment sa personnalité en live, la présence d’A/J Jackson n’y étant certainement pas étrangère. Déviation par Cold Cold Man, bonbon délicieusement twee de l’EP, avant de finir avec le single My Type, machine festive qui achève les quelques dubitatifs s’il en restait.

Saint Motel

Le défi était de taille : comment transposer une musique résolument solaire à l’exercice exigeant de la scène ? Saint Motel s’en sort avec les honneurs, le contrat est bien rempli. Même si l’on peut regretter le manque de connivence, il est impossible d’ignorer la plus belle surprise de la soirée : l’efficacité d’une pop humble et assumée. Un petit bonheur rare.

Alexandre

Saint Motel

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Crédit photos : ©2015 B. Barnéoud.

 

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