à l’écoute avait eu la chance de rencontrer Matthew E. White pour un entretien galvanisant fin janvier. Beau doublé pour l’homme orchestre de Richmond le lundi 09 mars 2015 : concert au New Morning et sortie mondiale de Fresh Blood, son 2e album après le très remarqué Big Inner. On y était, bien sûr !

Égal à lui-même, c’est-à-dire ultra sympathique, Matthew E. White arrive sur scène en commençant par demander au public « Comment ça va ? Moi ça va très bien ». Il s’assied au piano installé à une extrémité de la scène et commence sans plus attendre avec le 1er titre de l’album Take Care My Baby. Il faut à peine quelques secondes pour être conquis (en vérité, on l’était déjà avant même qu’il arrive sur scène !) par sa voix chaude et enveloppante.

À la fin du morceau, il confie qu’il n’a jamais joué au piano sur scène mais qu’il souhaitait reproduire sa façon de travailler, de composer à la maison. Et c’est réussi, le public se sent un peu comme à la maison, dans la salle à taille humaine du New Morning. Sur Holy Moly, un des titres les plus sombres de l’album, la voix se fait tour à tour plus forte, plus sourde, ou au contraire plus aigüe, dévoilant toute sa puissance et créant une tension émotionnelle incroyable, accentuée par les paroles répétitives. Après ce moment intense, la voix de Matthew E.White redevient enveloppante, chaleureuse et il enchaîne quelques titres plus légers.

Matthew E White

Après 6 morceaux au piano, Matthew E. White traverse la scène pour aller rejoindre sa guitare et continuer le set avec une incartade vers Big Inner et son titre d’ouverture One of These Days, son titre préféré de l’album selon ses dires. Quelques marmonnements et une façon très personnelle de transformer sa guitare en caisse de percussion suffisent pour créer tout un monde, toute une atmosphère cotonneuse et enveloppante pour porter ce refrain d’une infinie douceur.

You give me joy like a fountain deep down in my soul

Sur ce titre, Matthew E. White joue à fond la carte de ce qui fait sa richesse : une sorte de grand écart entre force et douceur, entre voix caverneuse et voix cristalline. Le titre est plus contrasté, explore dans plusieurs directions possibles, alors que sur disque il est plutôt homogène. L’étendue de son « jeu », de son talent se révèle pleinement dans cette deuxième partie du concert, sûrement parce qu’il est plus à l’aise avec la guitare. Après un climax sur Rock & Roll Is Cold, le 1er single du nouvel album, la fin du concert s’achève sur la mélancolie soul de titres comme Tranquility, hommage à Philip Seymour Hoffmann.

On était très curieux de voir comment Matthew E White ferait vivre sa musique sur scène. Sur ses disques, les arrangements sont tellement soignés, les cuivres tellement importants qu’on avait peur d’une certaine platitude. Peur largement infondée au vu de ce concert stupéfiant où Matthew E. White a confirmé l’immensité de son talent.

Matthew E White
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Crédit photos : ©2015 Laurence Buisson.

 

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