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Après un premier album prometteur sorti au printemps 2014 (le recommandé All Kinds Of You), Ryley Walker, auteur-compositeur-interprète venu de Chicago, désormais signé chez Dead Oceans, nous propose d’ores et déjà son nouvel opus, Primrose Green. Et vient placer la barre haut, très haut même, grâce à un sens du songwriting et une excellence dans la production rarement observés chez un artiste aussi jeune (le garçon fêtera cette année ses 25 ans).

L’album frappe d’emblée par sa grande maîtrise musicale. Le talent d’écriture du jeune homme et sa virtuosité à la guitare donnent au disque une empreinte sonore unique.

A l’image de ses contemporains Daniel Bachman ou Steve Gunn, Ryley Walker compose des œuvres à la résonance particulière et fascinante.

Les noms de Bert Jansch, Nick Drake ou encore Tim Buckley viennent inévitablement à l’esprit lorsque l’on cherche à décrire l’univers de l’artiste. Pour autant, l’ombre de ces augustes prédécesseurs ne doit pas venir masquer la valeur du travail réalisé. Car ces références, aussi illustres soient-elles, ont été totalement assimilées par l’Américain qui possède une identité propre affirmée.

Loin de s’enfermer dans un style musical unidirectionnel et finalement monochrome, Walker a su incroyablement bien fusionner les genres qui le définissent : folk, americana, jazz, blues, se mélangent ainsi au fil des titres et des inspirations de leur auteur, révélant une palette de sons subtilement imbriqués.

Pour accompagner ses compositions, l’artiste s’est par ailleurs entouré des meilleurs musiciens de la scène chicagoane actuelle. Anton Hatwich à la basse, Frank Rosaly aux percussions, Brian Sulpizio à la guitare, ou encore Ben Boye aux claviers, offrent aux morceaux un écrin de choix impeccablement produit. Même si, ne nous y trompons pas, l’âme du disque reste bien portée de bout en bout par le seul Ryley Walker.

Le résultat : dix titres excellents qui évitent brillamment l’écueil de la répétition et emportent l’auditeur sur la route d’un délicieux voyage, affranchi de toute frontière géographique ou temporelle. De la folk pastorale et psyché de Primrose Green, directement sortie des années 1970, à l’americana de On The Banks Of The Old Kishwaukee qui nous plonge au cœur du Midwest, en passant par le jazz exalté de Summer Dress rappelant le Chicago d’adoption de son auteur, le chemin proposé ici inspire et invite à l’abandon.

« Lost my mind with a headful of primrose green » confie Ryley Walker sur le morceau titre, en référence aux effets particuliers produits par un cocktail à base de whiskey et de plantes. Et bien parions qu’en 2015, c’est nous qui allons finir par perdre la tête, ennivrés par l’écoute de ce très très bel album. A consommer sans modération !

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En concert à L’Espace B, Paris, le 27 avril prochain.

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Un titre : Primrose Green
La page facebook de l’artiste.
Pour écouter l’album : rendez-vous sur Deezer par exemple.

Bonus

La session acoustique est exercice qui convient plus ou moins bien aux artistes. Mais s’il est bien un artiste à qui ce type de performance sied parfaitement, c’est bien Ryley Walker ! Voici une version des plus bucolique de All Kinds Of You.

 

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