L'Espace B - 27/04/15

Sorti en début d’année, son album Primrose Green est incontestablement l’une de mes plus belles découvertes musicales de 2015. Retrouver Ryley Walker, nouveau prodige folk venu de Chicago, en concert, était donc un événement incontournable, bloqué de longue date dans un agenda d’avril pourtant bien rempli !

En mode solo et sourire aux lèvres, le jeune homme investit la scène de L’Espace B un peu après 22h, visiblement heureux lui aussi de ce rendez-vous parisien. Parfaitement à son aise et apparemment ravi de l’intimité offerte par la salle, l’américain consacre tout d’abord quelques minutes à démonter / remonter le pickup de sa guitare, sous le regard amusé d’un public chaleureux. Son tournevis reposé, le jeune homme peut enfin démarrer son set.

Dès les toutes premières notes, la magie opère. Superbement retravaillé pour l’occasion, le morceau titre Primrose Green, nous emporte immédiatement sur les chemins de traverse d’une folk inspirée et irrésistible, toute droit sortie des années 1970. Et le voyage de se poursuivre au fil des titres, l’américain piochant dans ses différents disques (à noter l’impeccable The West Wind tiré du 1er album), proposant un inédit, et offrant des reprises parfaites (les superbes Over The Hill et Cocaine du père spirituel John Martyn). Morceau après morceau, le public partage le même plaisir, la même envie irrépressible de fermer les yeux, bercé par les tonalités folk bien sûr mais aussi country (la magnifique On The Banks Of The Old Kishwaukee) ou jazzy (Summer Dress en final majestueux) de la musique de Walker.

Ryley Walker

Avec pour uniques compagnons de route 2 guitares (dont une imposante 12 cordes), l’américain captive son auditoire. Les yeux clos ou fixés sur son instrument, il vit intensément chaque titre. Revenant à l’essence même de ses compositions, il pare ses morceaux de longues et magnifiques plages instrumentales, à la façon des jams de la scène jazz qu’il connaît bien. La qualité du songwriting apparaît ici dans toute sa splendeur, sans ruse ni artifice. Le jeu de guitare est impressionnant, la voix puissante, les mélodies envoûtantes. Doué d’une présence scénique et d’un charisme indéniables, le garçon aime à plaisanter entre 2 titres sur ses origines du Midwest ou son goût immodéré pour les pizzas, les hots dogs, la bière et les Chicago Bulls. Tout simplement craquant.

Chaudement applaudi, Walker revient pour un rappel qui prend la forme d’une reprise du grand Tim Hardin, If I Were A Carpenter. Car confie-t-il amusé, tout le monde reprend Tim Hardin, et puis il se trouve que ce morceau est le préféré de sa maman qu’il aime tant (craquant je vous dis !). Le cadeau parfait offert par un artiste sincère à un public conquis.

Quelques mots échangés avec le garçon après le concert et la promesse d’un retour à Paris à l’automne prochain ont raison de moi. D’ici là, il est certain que la musique du jeune homme n’a pas fini de faire tourner nos têtes et nos cœurs !

L'Espace B - 27/04/15

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Crédit photos : ©2015 B. Barnéoud.

 

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