Daymé Arocena – Madres

Cubaine, noire, jeune et artiste femme : Daymé Arocena est bien loin de l’image que l’on se fait des vieux musiciens cubains, panamas rivés sur la tête et cigares au bec. Descendante des esclaves venus de force du Bénin et du Nigéria, influencée par la soul américaine et les rythmes latinos, Daymé chante avec une liberté inédite pour une artiste née dans la banlieue de La Havane, alternant avec aisance espagnol, anglais et yoruba (langue importée par ses ancêtres). A la fois réjouissant et sublime.

Suivre Daymé Arocenawww.facebook.com/dayme.arocena

Famalé – Yalla

Il est surprenant de constater combien le métissage est omniprésent dans l’univers des « musiques du monde ». Là où le rock et la pop ont tendance à évoluer en circuit fermé, les artistes venus d’Afrique Noir, du Maghreb ou d’Amérique du Sud (pour ne citer qu’eux) se retrouvent bien souvent pour créer des sons inédits qui sont autant de motifs d’espoir dans un monde où les différences ont tendance à opposer plutôt qu’à rassembler. C’est le cas pour Famalé, album né de la collaboration de brésiliens Marcus Viana et Sergio Perere, et le sénégalais (et québécois d’adoption) Zal Sissokho. La kora de ce dernier se mêle au violon de Viana et au charango (petite guitare d’Amérique du sud) de Perere, tous trois accompagnés par nombres d’autres musiciens d’origines diverses. De quoi dresser des ponts quasi mystiques entre la tradition des griots africains et la samba brésilienne.

En savoir plus sur le projetwww.festivalnuitsdafrique.com/artiste/famale

Diogo Nogueira, Hamilton de Holanda – Bossa Negra

Bossa Negra est ce que l’on pourrait appeler un « super groupe » brésilien, un duo exceptionnel né de la rencontre entre Hamilton de Holanda, virtuose mondialement reconnu de la mandoline et Diogo Nogueira, jeune star de la samba aux quelques 3 600 000 fans sur facebook ! Ils ont en commun un amour pour les racines africaines de la musique brésilienne et des influences plus européennes héritées des colons portugais. Bossa Negra est le résultat de cette rencontre, un magnifique album qui fait la synthèse entre « l’improvisation du choro, le swing de la samba et les ambiances plus douces de la bossa nova » (comme on peut le lire sur la description du projet).

En savoir plus sur le projet : www.bossanegra.com.br

Novalima – Mi Canto

Novalima, collectif créé à Lima en 2001, a pour ambition de réconcilier toutes les cultures musicales péruviennes : celle contemporaine des DJs, influencée par la pop, le rock, le hip-hop ou l’électro, et celles traditionnelles des indiens péruviens et des esclaves africains arrivés avec les colonisateurs espagnols. Le résultat ? Là encore un métissage riche qui rêve de combler le fossé entre des populations divisées par l’histoire. Passionnant !

En savoir plus sur le collectifwww.novalima.net

Engine-Earz – Phoolon Ka Taron Ka (Nerm & D-Code’s Final Cinematic Cut)

En digne héritier de l’Asian Vibes des 90’s, Engine-Earz produit une drum&bass teintée d’influences indiennes que ne renieraient pas les Talvin Singh, Nitin Sawhney et autre Asian Dub Foundation. Beats puissants et percussions traditionnelles s’entremêlent pour donner le pouls à des titres entêtants et massifs. A écouter fort… très très fort !

Suivre Engine-Earzwww.facebook.com/engineearz

Nova Heart – Beautiful Boys MV

Rolling Stone US dit de Nova Heart qu’il « sonne comme la version apocalyptique de Blondie », mais une Blondie résolument actuelle et en provenance directe… de Chine ! Le trio mené par la voix limpide de son leader Helen Feng, nous offre une electronica aussi sexy qu’épurée. Un minimalisme qui semble bien subversif pour l’Empire du Milieu, mais qui vu de France est surtout complètement envoutant.

En savoir plus sur Nova Heart : nova-heart.com

SILVA – Volta

Originaire de Vitória, SILVA est un jeune brésilien que l’on pourrait facilement comparer à Fyfe de ce côté-ci de l’Atlantique. Auteur d’une dream pop aux multiples influences, tant sud-américaines qu’occidentales et africaines (comme le prouve ce Volta dont le clip a d’ailleurs été tourné en Angola), Lucas Silva ne souhaite pas se restreindre aux frontières de son (grand) pays. Il envisage sa musique de manière globale en proposant par exemple des versions anglaises de ses propres titres en portugais. Une volonté assumée de toucher le plus grand nombre que l’on ne peut que soutenir, tant le talent du jeune homme est grand.

En savoir plus sur SILVAsilva.tv

N-Zai – Globalization

N-Zai est la preuve de l’ouverture de la Birmanie au monde. Cet artiste hip-hop résidant à Rangoun n’est que l’un des multiples représentants d’une jeunesse qui découvre et s’imprègne à toute vitesse de notre culture occidentale. Pop, rock, hip-hop, folk, toutes les musiques sont englouties avant, on l’espère, d’être digérées pour produire dans un avenir plus ou moins proche une véritable identité musicale à la fois contemporaine et locale.

Suivre N-Zai : www.facebook.com/pages/N-Zai/123845600997441

Renata Flores Rivera – The way you make me feel [Michael Jackson cover]

A à peine quatorze ans, Renata Flores Rivera n’aurait jamais imaginé que sa reprise de Michael Jackson en langue Quechua (la langue parlée par les Indiens du Pérou, de Colombie, d’Équateur, d’Argentine et de Bolivie) puisse avoir un tel succès. C’est pour défendre cet héritage millénaire, et après qu’elle soit passée à The Voice Kid Pérou, que sa mère l’a incitée à chanter dans une langue malaimée des jeunes générations. Pari réussi puisque la vidéo a été vue plus d’un million de fois sur Youtube ! La belle voix soul jazz de l’adolescente n’est surement pas étrangère à ce succès…

Suivre Renanta Flores Rivera : www.facebook.com/renatafloresperu

Kanaku Y El Tigre – Si Te Mueres Mañana

Drôle de duo que celui formé par Nicolàs Saba et Bruno Bellatin. Né dans la capitale péruvienne de la rencontre de deux adolescent sur fond de musique punk, il a donné à l’âge adulte un groupe, Kanaku Y El Tigre, à la musique unique. « Indie psyché folk andin » pourrait être une description approximative mais assez juste de ce que l’on peut entendre sur le second album du duo. Et si la musique des deux compères s’est assagit avec le temps (enfin, pour ce qui est du volume en tout cas), le propos lui est resté proche de l’idéal punk des débuts : « Profite de la vie comme si tu devais mourrir demain ! ». Sage résolution qui commence par l’écoute de leur excellent second album Quema Quema Quema.

En savoir plus sur Kanaku Y El Tigrekanakuyeltigre.com

 

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