Josh T. Pearson - Eglise Saint-Merri - 2014.12.14

Pour couper court à la grisaille de janvier, un petit retour en décembre sur le concert lumineux de Josh T. Pearson en l’Église Saint-Merri.

Le lieu est atypique. L’église qui héberge cette soirée La Route du Rock Session est aussi glaciale que la mer malouine en hiver – malgré une douceur inhabituelle en ce mois de décembre. La première partie est assurée par Arianna Monteverdi. Seule sur scène, ses arpèges cristallins nous rappellent élégamment la délicatesse et la fragilité de Marissa Nadler. La Nantaise aura bien réussi à nous réchauffer avant de nous introduire dans les grands espaces : idéal pour rentrer en communion avec notre Texan préféré. Après l’EP Autumn Breakthrough sorti en novembre – et fortement recommandé – on guettera son premier album Getting Close qui devrait arriver en ce début d’année 2016. Une artiste à suivre.

Josh T. Pearson - Eglise Saint-Merri - 2014.12.14

On avait hâte de revoir Josh T. Pearson, absent des platines depuis 2011 avec l’album Last Of The Country Gentlemen. La longue barbe méticuleusement rasée, c’est un nouveau jeune homme se présente devant nous. Pourtant Peason a mûri… selon ses dires. Intégralement habillé en blanc, il semble loin de cette image d’artiste dérangé et sombre que l’on pourrait lui associer. Il prend soin d’introduire de manière chaleureuse et avec un humour tranchant chacun des titres, entrecoupés d’un recueil de blagues potaches : « Quelle est la différence entre un chanteur et … ».

L’ancien leader de Lift To Experience n’a rien perdu de sa superbe et réussit facilement à convaincre un public déjà acquis à sa cause (rareté sur scène oblige). « If you recognize the playing pattern it’s because I’ve played it in the last seven songs. », clame-t-il. T’inquiète Josh, on te pardonne, tous les cantiques se ressemblent !

Josh T. Pearson - Eglise Saint-Merri - 2014.12.14

Après une bonne heure en solo, il nous introduit Calvin LeBaron, son double noir. Devant eux, une petite pancarte précise The Two Witnesses Gospel Singers. Depuis la croisée du transept, le duo de guitaristes ombre-et-lumière parvient à remplir l’église entière de ses hymnes spirituels, jusqu’aux combles. Seule différence avec le gospel, le public continue d’écouter de manière religieuse, impassible mais bien illuminé.

De retour en solo, on se rend compte à quel point Josh T. Pearson adore étirer ses chansons, jusqu’à l’infini comme pour mettre en exergue les désillusions et les longues périodes de questionnements ou d’errements qui peuplent les textes de Last Of The Country Gentlemen. Lorsqu’il s’arrête de jouer, parfois en plein morceau, aucun bruit ne vient perturber le silence monastique. Chacun retient son souffle et n’ose respirer.

Josh T. Pearson - Eglise Saint-Merri - 2014.12.14

Décidément très inspiré par le registre ecclésiastique, Pearson ne manquera pas de reprendre Jesus du Velvet Underground. Il surprendra aussi avec une reprise hilarante de I Will Follow Him, tirée de la bande originale de Sister Act 2 (sic, mais mais adapté au lieu) et une autre de Boney M (hors sujet, quoique…)

Pearson conclut le set en entamant un chant de sortie, Silent Night qui vient nous rappeler notre présence dans une église à quelques jours de Noël. La messe de minuit est achevée mais le cadeau est déjà ouvert.

Josh T. Pearson - Eglise Saint-Merri - 2014.12.14

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Crédit photos : ©2015 Julien Duclos. Toutes les photos de la soirée sont disponibles ici.
 

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