Destroyer - Ballake Sissoko - Vincent Segal

Cette année, nous avons choisi de faire les choses un peu différemment pour les tops de l’équipe (ce qui explique d’ailleurs notre « retard » par rapport à nos petits camarades blogueurs et autres sites musicaux). En effet, faire nos tops de fin d’année, c’est bien souvent l’occasion se pencher sur tout un tas d’albums de qualité qui n’ont pas été chroniqués dans nos colonnes. Faute de temps souvent, d’envie parfois, ou tout simplement faute de trouver les bons mots pour dire notre émotion sur le moment… Cette année donc, vos rédacteurs préférés ont saisi cette opportunité pour se pencher chacun sur un album aimé mais non chroniqué jusqu’à présent sur à l’écoute. Tout en partageant avec vous bien sûr leurs cinq coups de coeur de 2015… L’opération rattrapage commence avec Magic et JuD.

Magic : Destroyer – Poison Season

Le 11e opus de Destroyer commence par quelques notes de piano et une jolie mélodie toute simple. C’est le titre d’ouverture Times Square – Poison Season I, qui présente le leitmotiv de ce concept album. Puis, ce sont les nappes de violon, suivi de tout un orchestre, qui reprennent et partent déjà en variation sur le thème. De but en blanc, on passe à Dream Lover, deuxième titre, plus rock, plus accrocheur aussi. On abandonne l’orchestre et son romantisme et on retrouve le saxophone cher à Destroyer. Le morceau se termine en joyeux bordel symphonique. Enfin, Forces From Above invoque plus de mystères, plus proche de la soul ou d’un blues intérieur profond…

Voilà, en seulement trois pistes, on comprend qu’on va être pris dans une histoire riche et un poil complexe. Mais l’album est tellement bien réalisé, rythmé par le motif de Times Square qui revient à deux reprises par la suite, que l’on s’accroche pour dénicher toutes les pépites mélodiques et la finesse des arrangements. La plus grande difficulté pour décrire ce petit chef d’oeuvre résulte du fait que notre héros canadien, Dan Bejar, refuse sans doute lui même de faire le choix d’un style. De là une richesse aussi excitante qu’il est bien difficile, voire effrayant, de raconter avec des mots. Du coup, je voulais écouter, et écouter encore avant de livrer les impressions de ce disque qui sera mon n°1 pour cette année 2015.

Sur Hell, la larme à l’oeil viendrait presque avec le solo de trompette.. jusqu’au retour des guitares qui repimente nos émotions. Dans un même morceau, on trouve ainsi l’orchestre, version romantique, le solo trompette qui tue, et le groupe de rock engagé. Il faut donc écouter et s’imprégner de tous ces titres, Girl In a Sling, Archer on The Beach, Midgnight Meet The Rain pour tenter de capter chaque intention, la richesse et la justesse des arrangements aux inspirations larges. Poison Season est un vaste album dont je ne me lasse pas car je le (re)découvre à chaque écoute.

Le top 5 de Magic

  • Destroyer – Poison Season
  • Patrick Watson – Love Songs For Robots,
  • Lower Dens – Escape From Devil,
  • Dominique A – Eléor
  • Sufjan Stevens – Carrie & Lowell

 

JuD : Ballaké Sissoko & Vincent Segal – Musique de nuit

Six ans après Chamber Music, Ballaké Sissoko et Vincent Segal reprennent le chemin des studios pour nous offrir Musique de nuit, mariage improbable de la kora et du violoncelle.

Tout en contraste, le résultat de deux sessions, une nocturne sur le toit de la maison de Ballaké Sissoko, et une diurne au studio Bogolan, s’écoute comme l’on admire un clair-obscur du Caravage. Puis fermer les yeux, s’imaginer sur une barque voguant sur le fleuve Niger et se laisser bercer par les dialogues tout en douceur des deux instruments.

Le top 5 de JuD

  • Ballaké Sissoko & Vincent Segal – Musique de nuit
  • Low – Ones and Sixes
  • Yo La Tengo – Stuff Like That There
  • Pain-Noir – Pain-Noir
  • Requin-Chagrin – Requin-Chagrin

 

Tags :

VOS COMMENTAIRES
Les commentaires sont fermés pour ce billet