City And Colour – If I Should Go Before You

Qu’il est bon de se laisser porter par une voix éclatante et des guitares affûtées ! C’est en effet le beau programme proposé par City And Colour et son nouvel album If I Should Go Before You. A rebours des albums folk au son intimiste – et parfois ténébreux – prisés habituellement par l’équipe d’à l’écoute, Dallas Green préfère pour sa part laisser les fenêtres ouvertes pour mieux laisser sa mélancolie aller et venir à sa guise.

En témoigne le titre d’ouverture, Woman, un blues impressionnant de plus de neuf minutes qui mijote à gros bouillons dans un chaudron placé sur un feu attisé par les larsens de Dante Schwebel et Matt Kelly aux guitares. Avec sa voix claire et puissante, Dallas Green se met au diapason des autres membres du groupe et renforce la puissance du magma sonore. Et l’on ne peut s’empêcher de penser à l’ange déchu des années 90, si prometteur et pourtant parti bien trop tôt. Oui, il y a du Jeff Buckley de Grace dans ce Woman, et si son nom a été malheureusement bien galvaudé ces dernières années à propos du premier chantouilleur venu, il n’est cette fois pas usurpé.

Après un départ aussi bluffant, on pouvait craindre que l’album ait du mal à tenir la route. Pourtant City And Colour a plus d’un tour dans son sac et le prouve dès les premiers titres qui suivent : sous des cieux toujours aussi gris et menaçants, Northern Blues fait la part belle au duel entre la basse lourde de Jack Lawrence et le chant, et dans If I Should Go Before You Green joue sobrement la carte de l’écorché sur un tempo ralenti et des accords de guitare languides.

Ailleurs, le songwriter sait trouver des atmosphères plus apaisées, comme sur Map Of The World et son énergique ambiance country, ou le folk-rock limpide de Friends porté par une pedal steel aérienne, une section rythmique en sourdine et les arpèges égrenés à la guitare. Il faut également reconnaître à Green une véritable aisance à tisser des titres bien charpentés sans en faire des scies musicales pour autant. Il en est ainsi de l’impeccable supplique Lover Come Back avec cette basse à la mélodie en montagnes russes, ce wurlitzer léger comme un rossignol, et les indispensables chœurs pour porter un refrain simplissime. Impossible de ne pas chantonner ou siffloter avec entrain dans le sillage du chanteur.

L’album atteint enfin la légèreté tant souhaitée sur Blood, une jolie rédemption où tout le groupe agit à nouveau comme un seul être, à l’exact opposé du maelström du début. Et puis il est impossible de résister au charme d’un nom d’artiste choisi en trompe l’œil par un chanteur nommé Dallas (City) Green (Colour)…

Un titre : Woman
Le site : www.cityandcolour.com
Pour écouter l’album : sur deezer par exemple

 

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