arkadin

Le printemps a à peine montré quelques signes de sa présence et l’on a déjà envie de musique fraîche et revigorante pour l’accompagner. C’est le moment qu’a choisi Arkadin pour présenter sur scène son premier album Atlanta paru quelques jours auparavant. Nouveau side-project d’Howard Hugues, le chanteur des surdoués de Coming Soon, Arkadin avait eu les honneurs du concours « On a les moyens de vous faire chanter » organisé par France Inter en 2013-2014. Loin du folk endiablé qui l’a fait connaître avec sa fratrie, Howard Hugues creuse cette fois le sillon d’une pop RnB charmeuse. Une entrée en matière idéale pour célébrer les camélias en fleurs.

On éprouve un plaisir très simple au son du groove sensuel d’Arkadin. La rythmique chaloupée fait mouche dès les premières mesures de Cité des femmes avec un texte joliment érotique. Plus explosive, la chanson d’amour déçu Valhalla a l’avantage de mettre en valeur le timbre clair de Hugues, qui au fur et à mesure du set évoquera celui d’un grand spécialiste de la pop française à la voix diaphane, Alain Chamfort. Si sur l’album les mélodies donnent une certaine envie de tortiller du genou, le passage au live décape carrément grâce aux deux compagnons de Hugues : Théo frappe frénétiquement ses pads et gifle ses cymbales, Jun Suzuki balance des larsens incisifs sur sa Fender et sculpte le son en profondeur depuis son clavier.

Sur Eden Irène, le trio lève un peu le pied avant de retrouver les nappes de clavier et les rythmes syncopés qui les caractérisent sur Six Nuances – avec un petit coup de pouce à la basse de Billy Jet Pilot, frère de Howard Hugues et bassiste de Coming Soon. Cependant on aurait tort de réduire la musique d’Arkadin à un RnB indolent se concentrant sur le thème de la séduction : malgré son rythme alangui, Sous le volcan est un dialogue particulièrement intrigant entre un homme et la femme disparue qu’il désire éperdument durant la fête des morts au Mexique. Pour Boarding, au texte plus apaisé, l’ami Hugues quittera son perchoir pour se promener dans le public et esquisser quelques déhanchements, exercice qu’il affectionne particulièrement. Le trio mettra alors la gomme sur T’en va pas en choisissant un ton plus abrasif pour une autre histoire d’amour gâché.

En reprenant le titre du duc de Boulogne 92i Veyron et ses paroles pour le moins explicites, Arkadin n’a pas froid aux yeux : le duo avec Jun sera une passe d’armes entre voix de tête passées au filtre Auto-tune sur une mélodie aérienne samplée au clavier. Dans le moelleux et la souplesse de ce cocktail électro-RnB, on reconnaîtra les influences de The Weeknd et Drake, qu’Arkadin cite abondamment en référence. Après un Eva au doux parfum de synth-pop des années 80, le set se conclura sur le morceau-titre de l’album, Atlanta, et ses percussions addictives, et Nos ardeurs, encore une chanson aux paroles cryptiques sur la disparition. Avec la présence sur scène à cette occasion du saxophoniste Adrien Roch, le trio fera de cette chanson mélancolique une belle envolée stratosphérique.

D’aucuns ont déjà comparé Arkadin à Christine & The Queens pour son RnB à la française – les horribles mouvements de danse en moins. Mais heureusement, ses textes à lui ont largement plus de longueur en bouche, et donnent très envie de profiter de cette douce musique parfaite pour le printemps.

Setlist :
Cité des femmes / Valhalla / Eden Irène / Six Nuances / Sous le volcan / Boarding / T’en va pas / Eva / 92i Veyron (Booba) / Atlanta / Nos ardeurs

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