Sea Lion par Jean-Marc Ferre

On n’en est pas encore à la 20e édition et pourtant le festival Les Femmes s’en mêlent est définitivement l’un de ceux qui comptent le plus aujourd’hui en France. Par son choix de privilégier la scène indépendante à travers ses représentantes féminines, le festival ne fait pas dans la facilité et réussit à nous surprendre systématiquement. En témoigne le passage pour ce soir inaugural dans le cadre intimiste de l’Institut suédois de la nouvelle voix d’or scandinave : Sea Lion.

Souriante mais légèrement crispée, Linn Osterberg a l’air impressionnée de se trouver face au public de l’Institut. Après tout elle n’a que deux EPs et un album de huit titres à son actif, et l’on sent que la jeune femme est une adepte des heures passées seule dans sa chambre – c’est d’ailleurs ce qui nous a charmés sur son album Desolate Star paru l’été dernier. Elle se présente donc dans le plus simple appareil… ou presque : un micro, une Fender et une pédale de réverbération. Ce n’est pas grand-chose et cela fera tout. Dès la douce mélopée If My Baby, la voix enchanteresse de Linn Osterberg fait des miracles et nous emmène loin. La chanteuse n’a pas grand-chose à voir avec l’animal un peu pataud qui lui sert de nom de scène, mais elle a l’art de tisser des compositions aussi souples que son totem dans l’eau.

Sea Lion par Jean-Marc Ferre

Se détendant au fur et à mesure, Sea Lion égrène délicatement ses arpèges sur sa guitare, comme sur la complainte Sanna’s Song. Sur une trame qui n’est pas sans évoquer Stairway To Heaven, Linn Osterberg réussit à créer une atmosphère en clair-obscur, où les ombres sont aussi réconfortantes que les lumières de bougies. Sur Room, elle ralentit encore un peu le rythme – déjà très paisible – mais pour mieux laisser sa voix légère comme une plume voler dans l’auditorium.

Après une magnifique reprise tout en apesanteur du Take Care de Big Star (l’une de ses chansons préférées), elle finira son set en présentant un nouveau titre, Shelter, et fera un petit rappel dans une ambiance plus Mazzy Star que jamais, susurrant des mots qu’on rêverait d’entendre tout le temps : « I’ve been looking for someone like you ». Avec à peine 35 mn montre en main, le set entrera probablement dans l’histoire comme l’un des plus courts du festival et le public restera un peu sur sa faim. Raison de plus pour se précipiter sur les enregistrements de Sea Lion et se laisser envoûter encore et encore par sa voix élégiaque.

Sea Lion par Jean-Marc Ferre

Setlist :
If My Baby / Bones / Sanna’s Song / Room / Take Care (Big Star) / Shelter

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Crédit photos : ©2016 Jean-Marc Ferre.
 

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