Brisa Roché

Quelle joie, quel plaisir de retourner au Divan du Monde ! Nous n’y étions pas allés depuis bien trop longtemps et la programmation du mardi 29 mars était parfaite pour un retour en fanfare.

Tout commence en douceur et en couleurs avec Brisa Roché. A notre arrivée la salle est bondée. La première chose que l’on remarque : la tenue éblouissante de la chanteuse. Une magnifique robe toute en broderies, perles et franges qui tranche avec les tenues des musiciens ; cols roulés et gilets de costumes blancs. La voix de Brisa Roché est douce et nous prend immédiatement, accompagnée par une musique qui peut se révéler abrasive. L’ambiance est festive et la scène éclairée d’un bleu énigmatique. Brisa Roché prend des intonations magnétiques, parfois en chœur avec une violoniste, elle aussi vêtue d’un gilet chatoyant. Des chansons tantôt criées tantôt susurrées, Brisa Roché nous embarque dans une pop baroque pour notre plus grand plaisir.

Brisa Roché

Une pause à la fin du set nous permet d’aller jeter un coup d’œil chez Madame Arthur. Suite à un rachat de ce mythique cabaret de Pigalle par le Divan du Monde, Les Femmes S’en Mêlent ont mis en place un festival off, gratuit, qui a lieu en même temps que les soirées au Divan. Simple comme bonjour, il suffit de traverser un couloir pour y avoir accès. Cela renforce l’aspect festival et permet à des gens n’ayant pas pu se procurer de places de faire des découvertes musicales malgré tout. Nous y sommes passés chaque soir, et même si nous n’avons pas forcément apprécié les groupes proposés, nous soutenons l’initiative qui permet aussi de (re)découvrir ce lieu superbe.

Retour au deuxième concert : Shilpa Ray. La salle s’est un peu vidée et on accède facilement au devant de la scène. On remarque immédiatement la thématique du groupe : barbes drues et cheveux longs. Exception faite de la chanteuse Shilpa Ray bien sûr, à la silhouette fluette et qui dénote avec sa chemise à motifs face aux musiciens tout de noir vêtus. Les chansons à l’accent blues débutent et on découvre l’harmonium du groupe. Instrument indien fascinant, mi piano mi accordéon, il introduit quelques chansons et guide l’ensemble de façon magnifique. Il est joué par Shilpa elle-même qui, en plus du chant, oscille entre celui-ci et le clavier électronique, plus classique, sur la gauche de la scène.

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Le set est intense. Nous ne connaissions pas le groupe et découvrons quelques minutes avant le concert qu’il est encensé par Nick Cave. Ça ne pouvait donc être que fantastique. Entre ballades et chansons plus enragées, tout s’enchaîne parfaitement dans une ambiance mystique et purement américaine. Les musiciens remuent, nous aussi, pleins d’admiration. A écouter d’urgence et sans aucun doute notre coup de cœur de la soirée !

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Le troisième groupe se fait attendre une bonne vingtaine de minutes. On s’impatiente un peu, on imagine des scénarios improbables qui expliqueraient leur retard et… Les voici. Magistraux. Elle porte leggings psychédéliques et lui a le visage dissimulé derrière un immense casque couvert de lambeaux de papiers multicolores et porte un gilet à gros sequins. Sur les deux écrans en forme de triangles qui sont au fond de la scène, sont projetées des séquences d’espace, d’accouplements ou simplement des couleurs abstraites. Petit à petit le public se rapproche, comme envoûté. Invités à voyager « loin, loin comme la lune », on se met à danser.

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Nous sommes bercés par les flûtes et les bruitages étranges, absorbés par les poupées de tissus fixées sur les pieds de micros, captivés par la voix de Joy Frempong. Les chansons sont de tous les formats et conduisent à une transe amenée en douceur entre deux blagues. Nous est présenté une Space diaspora, une planète futuriste habitée par quelques terriens. On imagine aisément cette planète à la portée de tous, par la simple force de l’esprit. Ce sont des paroles de bien être communiquées tout au long de ce set qui nous confirme que la musique est une puissance, une force. Nous ressortons de la salle ressourcés.

Cette soirée était sous le signe de la diversité et les groupes programmés dans un ordre qui nous fait monter en émotions. Nous n’avons qu’une hâte, découvrir les prochaines surprises du festival.

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Crédit photos : ©2016 Sébastien Brettes
 

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