Aline

Fair party #4 au Café de la Danse avec Aline qui vient présenter son second album, les très jeunes et très prometteurs Agua Roja et la découverte Buridane.

Buridane

Difficile de ne pas être touché par ce petit bout de femme qui déboule pieds nus sur scène, dans une simple robe rouge corail, derrière une guitare deux fois plus grande qu’elle. Le premier titre, à la façon du Je me souviens de Pérec, égrène les détails autobiographiques. Le ton est donné. Buridane est de ces artistes qui se livrent corps et âme dans leurs chansons.

Buridane

Et ces chansons racontent l’éclosion d’une vocation artistique, réveil salutaire au bout d’une longue nuit, et la volonté de faire feu de tout bois pour rattraper le temps perdu. Sur le titre Déterre, l’énergie devient assez communicative et la foule éparse du début de soirée commence à se trémousser. Mais malgré une jolie voix qui rappelle Françoiz Breut, le côté très intime des textes, plutôt que de toucher le public, semble le tenir un peu à distance.

Agua Roja

Seulement deux EPs au compteur pour Agua Roja mais déjà un son impeccable que l’on a déjà pu admirer lors du dernier festival Les Femmes S’en Mêlent. Le premier titre ménage ses effets en installant d’abord le flux et reflux de vagues de synthé, puis une guitare langoureuse pour préparer l’arrivée sur scène de la pulpeuse November, dont la voix chaude vient se poser sur les mélopées psyché de la guitare.

Agua Roja

La recette fonctionne sur les quatre premiers titres, c’est très beau. Dans Third Eye Vision, la guitare commence en mode country, très 60’s, avant de passer par le psychédélique 70’s et que la batterie impose un rythme 80’s qui fait penser à Tears for fears. Et la voix toujours parfaite de November devient absolument envoûtante sur le titre Lord †. Mais la salle fourmille d’impatience en attendant des titres plus pêchus.

Agua Roja

C’est alors que November annonce que c’en est fini des les chansons déprimantes. Tant mieux ! On a hâte que ça claque un peu. Et on n’est pas déçus. Jøey est un régal de pop sucrée. Running évoque le meilleur de Blondie.  Summer Ends et son refrain « Take me, take me now. Leave me, leave me » que l’on pourrait répéter pendant des heures. Mais les meilleures choses ont une fin et il faut se résigner à voir Agua Roja quitter la scène après un set qu’on aurait aimé beaucoup, beaucoup, beaucoup plus long.

Aline

La fosse et les gradins sont désormais quasi pleins pour accueillir les stars de la soirée qui peuvent compter sur un noyau dur de fans déjà très en forme et très impatients. Le concert s’ouvre sur quelques titres du nouvel album et ce qui frappe d’emblée c’est que sur scène le son est plus brut que sur l’album, produit par Stephen Street (le génie derrière le son des Smiths, grande référence d’Aline). Puis c’est Voleur, titre du premier album, et Romain, le chanteur, laisse sa guitare pour jouer à fond son rôle de frontman. Il en rajoute alors dans le côté chanteur de rock rétro et dragueur, caché derrière les verres fumés de ses lunettes de soleil, chaloupant de façon « sensuelle » pour affoler la gent féminine.

Aline

Mais le spectacle est autant dans la salle que sur scène. Un groupuscule assure le show aux premiers rangs. Romain tire parti de cette énergie en les invitant sur scène pour se trémousser sur La vie électrique. Puis, après un début instrumental qui fait durer le plaisir et rappelle un peu Love on the beat de Gainsbourg, c’est Je bois et puis je danse. Romain descend cette fois dans le public, avec sa guitare, brouillant encore un peu plus la limite scène/fosse. À la fin du titre, il remonte sur scène et se remet sérieusement à la guitare, le rythme s’emballe et le groupuscule d’ultras se met désormais à pogoter, gentiment.

Aline

Encore quelques échanges avec le public sur le mode de la déconne, surtout avec un lad anglais survolté, puis le groupe assure une deuxième partie de set tendue, dense, plus rock. Chaque titre est lancé sur les chapeaux de roue par une intro de guitare ou de batterie tonitruante  et le rythme est tenu sur la durée. On sent que c’est comme l’annonçait Romain la dernière date de leur tournée, leur jeu est bien en place. Le public se délecte.

Aline

Seul regret, le son ne fait pas toujours assez de place à la voix, pourtant chouette de Romain. C’est doublement dommage car les textes font partie de l’esprit Aline. On se console sur le dernier titre du concert, le superbe Les copains, instrumental.
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Crédit photos : ©2016 Julien Duclos. Toutes les photos de la soirée sont disponibles ici.
 

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