Nadia Reid par Jean-Marc Ferre

Passons à l’avenir. Ma première question était : y-a-t-il un second disque en vue. Tu m’as déjà dit que oui !

Nadia Reid : Oui en effet !

L’as-tu déjà enregistré ?

Oui, nous avons fini de l’enregistrer environ deux semaines avant mon départ pour l’Europe.

Quand sortira-t-il ?

Probablement l’année prochaine. En mars. Cela nous laisse un peu de temps. Tout est prêt, mais je n’ai pas envie de précipiter les choses car cela ne me semble pas nécessaire !

Bien sûr ! J’espère que tu reviendras nous le présenter ?

Oui, je l’espère aussi.

Est-ce un album différent du premier ou plutôt un successeur naturel ?

Et bien, je pense qu’il y a une certaine évolution entre les deux disques. Le second me semble avoir davantage de caractère. J’ai un peu grandi et je me sens un peu plus forte désormais.

Quel âge as-tu ?

24 ans. Oui, pour moi, les chansons de ce nouvel album sont plus fortes.

Et musicalement parlant ?

Je ne me suis pas mise de barrière particulière sur ce point. Je voulais juste faire un disque différent. Et nous sommes tous très satisfaits du résultat.

L’as-tu enregistré au même endroit que le précédent ?

Oui.

Le désormais célèbre studio de Ben Edwards à Lyttelton ?

Oui ! [rires]

Excellent ! J’ai également lu que l’un de tes plus grands coups de cœur musicaux avait été Sharon Van Etten. Je dois être sa plus grande fan en France !

Oh vraiment ?

Oui ! Donc s’il te plaît, dis-moi que ce que j’ai lu est vrai !

Oui, je l’adore ! Son album Tramp a vraiment été une découverte très importante et inspirante pour moi.

C’est également avec cet album que je l’ai moi-même découverte.

Je l’ai vue en concert aussi.

En Nouvelle-Zélande ? En Australie ?

C’était à Melbourne. Elle était merveilleuse ! Je l’adore ! J’aime beaucoup Angel Olsen aussi.

Je les adore toutes les deux ! T’ont-elles inspirée ?

Oui, c’est certain !

Et as-tu pu rencontrer Sharon ?

Hollie [Hollie Fullbrook = Tiny Ruins] assurait sa première partie et je souhaitais la rencontrer mais finalement cela ne s’est pas fait. Mais Hollie lui a envoyé mon album et Sharon lui a dit qu’elle l’avait écouté et beaucoup aimé ! J’ai essayé de faire sa première partie lorsqu’elle est venue tourner en Nouvelle-Zélande mais cela n’a malheureusement pas abouti. Peut-être sommes-nous trop proches musicalement parlant.

Nadia Reid par Jean-Marc Ferre

D’une façon générale, en plus de Sharon et Angel, quelles sont les influences musicales que tu revendiquerais toi personnellement ?

J’aime beaucoup Rufus Wainwright. Jeff Buckley aussi, je l’ai énormément écouté ces derniers temps. Ainsi que Jolie Holland. Connais-tu Jolie Holland ?

Oui !

Super ! Voilà les trois premiers noms qui me viennent spontanément à l’esprit.

Excellent ! Dis-moi, une tournée assez importante commence tout juste en Europe. C’est ta première fois ici n’est-ce pas ?

Oui !

Qu’est-ce que cela te fait de venir de si loin pour jouer dans la vieille Europe ?

C’est bizarre [en français] ! Je commence tout juste à réaliser, le décalage horaire m’a complètement achevée ! C’est merveilleux ! En allant aux Pays-Bas [Nadia a joué son tout premier concert européen deux jours auparavant aux Pays-Bas dans le cadre du festival Here comes the summer à Vlieland] j’avais l’impression d’être comme dans un rêve. Mais je sais aussi qu’un gros travail nous attend, beaucoup de route et de concerts. C’est dur, c’est un vrai défi mais je pense qu’il y a une raison à tout ce que nous faisons. [rires]

Bien sûr ! Voir tous ces gens venir t’écouter, c’est une excellente raison !

Oui ! Et grandir en tant qu’artiste aussi. Tourner est la seule façon de gagner en confiance et d’évoluer je pense.

Oui c’est certain. Y-a-t-il des lieux que tu as particulièrement envie de découvrir ?

Je suis ouverte à tout, je prends les choses comme elles viennent. Mais j’étais bien sûr très excitée à l’idée de venir à Paris !

Je ne peux pas te demander le lieu qui t’a le plus plu car tu n’as encore joué qu’un seul concert…

Je sais ! Ce premier concert était merveilleux !

Un bon début donc ?

Oui ! Ils ont été si gentils avec nous. J’étais un peu inquiète et craignais que la langue ne soit un obstacle mais ils parlaient tous parfaitement anglais.

A l’exception de la France, tu devrais croiser des gens qui parlent très bien anglais en Europe… [rires] Dis moi, il y a environ deux semaines, j’ai rencontré Hannah [Aldous Harding] et ai discuté avec elle de ce que j’appelle la « New Zealand touch », à savoir tous ces artistes merveilleux venant de là-bas : Tiny Ruins, Aldous Harding et Marlon Williams bien sûr, toi. Elle m’a dit que vous vous connaissiez tous depuis fort longtemps…

Oui en effet !

Nadia Reid par Jean-Marc Ferre

Et que selon elle, vous étiez tous collectivement responsables de ce que chacun(e) d’entre vous êtes en train de devenir. Es-tu d’accord avec cela ? Est-ce une histoire d’amitié et d’émulation collective ?

Oui. Je pense qu’Hollie [Tiny Ruins] en particulier a joué un rôle très important. Nous évoluons tous dans la scène dite folk mais il y a encore cinq ans, jouer du folk n’était pas du tout tendance en Nouvelle-Zélande…

Vraiment ?

Oui ! J’ai grandi en jouant dans des festivals folk et des clubs avec des gens bien plus âgés que moi. Mais depuis quelque temps la musique folk est redevenue populaire et je pense que tout le travail réalisé par Hollie y est pour beaucoup. Elle a tracé la route pour des artistes comme Hannah ou moi. Cela a été beaucoup plus facile pour nous de nous faire accepter car Hollie était déjà passée par là avant et avait travaillé dur pour cette reconnaissance. Quant à Hannah et moi, et bien je pense que nous nous sommes mutuellement aidées, nous évoluons sur la même scène mais nous avons aussi chacune notre propre, comment dire…

Votre propre signature musicale ?

Oui, exactement.

Je suis totalement d’accord. Vous venez toutes les deux de la scène folk mais avez chacune un son qui vous est propre.

Oui !

Je veux dire, j’aime votre musique à toutes et à tous, Hollie qui a été la première que j’ai découverte et que j’ai déjà vue plusieurs fois ici en France, Hannah et toi, Marlon aussi.

Oui, oui ! C’est intéressant car beaucoup de personnes s’interrogent sur ce point, mais comme Hannah te l’a dit nous sommes avant tout des amis et nous n’avons jamais recherché à faire de la musique à tout prix. Cela s’est presque fait par accident, ou disons plutôt que c’est arrivé comme ça.

Même question qu’à Hannah : y-a-t-il un autre trésor caché venant de Nouvelle-Zélande que nous devrions découvrir ?

Euh et bien Anthonie [Anthonie Tonnon] tourne avec moi et il est merveilleux ! C’est le premier nom qui me vient à l’esprit.

Super ! Dernière question : qu’écoutes-tu en ce moment ? Y-a-t-il des artistes que tu souhaiterais nous recommander, des coups de cœur récents que tu souhaiterais partager avec nous ?

Connais-tu John Grant ?

John Grant ? Bien sûr !

Je l’ai beaucoup écouté aujourd’hui. Je me replonge également dans Tracy Chapman ces derniers temps. Mais pour ce qui est des choses plus récentes, je reste sur John Grant . Je l’ai vu jouer à Auckland il y a deux mois et c’était incroyable.

Ok John Grant et Tracy Chapman donc.

Oui, mon cerveau ne peut pas faire plus !

Non mais c’est parfait ! Et bien voilà, c’est terminé !

Cool !

Merci beaucoup !

Merci à toi, c’était super !

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Crédit photos : ©2016 Jean-Marc Ferre.
 

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