Captain Kid – X or Y 

Publié par le 4 juin 2016

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On avait laissé Captain Kid à l’orée d’un chemin a priori balisé pour le succès, après avoir réussi à placer sa douce chanson We & I en illustration sonore des pubs d’une certaine banque à écureuil. Il faut avouer que les petits arpèges à la guitare qui démarraient les spots étaient très agréables et taillés pour rester durablement dans nos mémoires auditives. Et depuis, plus rien. D’aucuns en auraient profité pour mettre la gomme en programmant des concerts à outrance ou en lâchant tout de suite un nouvel album. Sébastien Sigault a préféré prendre son temps et rester dans un esprit artisanal. Tant mieux, la pop de son nouvel album X Or Y n’en sort que plus gracile et ouvragée.

D’ailleurs ce n’est pas compliqué, il suffit d’écouter les premiers titres de l’album : Don’t est une ouverture calme et ample avec de belles nappes de clavier, et immédiatement après Sun One vous cueille comme l’un des meilleurs titres de britpop. Oui, de britpop, avec une mélodie imparable et un humour marqué. La voix traînante de Sigault n’était pas aussi évidente sur le premier album 67 Songs, mais cette fois la ressemblance est frappante : on croirait entendre Damon Albarn au temps de la gloire de Blur, période Parklife. Il suffit de trois fois rien, un changement d’accords en demi-tons à la guitare acoustique, et nous voilà propulsé vingt ans en arrière. Les arrangements ne sont pas en reste avec une section rythmique qui pousse à la roue, un peu de percussions et de petites notes de passage au moog. Plus classique, A+B adoucit le propos avec des claviers plus présents et une conclusion en plain-chant qui invitent à se laisser planer tranquillement dans les nuages pendant un soleil couchant. Voilà, en trois titres Captain Kid redevient l’une de nos meilleures chances françaises pour une pop racée aux racines solides.

Forcément, l’analogie avec Blur est tellement frappante qu’on a tendance à se focaliser sur le début de l’album. Et pourtant ce serait occulter les autres sommets de l’album qui lui font atteindre une belle longueur en bouche. Ne serait-ce que la fragilité et les harmonies en frottement de Upon The Edge, le relais entre la guitare et le piano dans le folk apaisé de Rêverie, et les projections énergiques de X Or Y aux lumineuses nottes de guitare électrique et la basse ronde et joufflue dUndisclosed qui refont monter la tension de l’album. Affectionnant particulièrement les arrangements soignés, Sébastien Sigault ne pouvait conclure l’album sans livrer une dernière perle joliment polie : On Your Own multiplie les claviers et les orgues, les cymbales frappées doucement aux maillets et s’offre le luxe de quelques cuivres. Une belle fin comme on n’en avait pas entendu depuis longtemps, dernière touche de tendresse pour cet album bien équilibré. Souhaitons qu’avec X Or Y la notoriété de Captain Kid atteigne enfin le niveau qu’il mérite.

Un titre : Sun One
La page facebook : facebook.com/CAPTAIN-KID-39246064549
Pour écouter l’album : sur deezer par exemple

 

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