lucy-dacus

Un premier album paru aux Etats-Unis chez EggHunt Records en février. Un passage par SXSW en mars. Une signature chez Matador en juin. Une apparition à Lollapalooza en juillet. La sortie internationale de l’album accompagnée d’une invitation au prestigieux festival anglais End Of The Road en septembre. Des premières parties pour Daughter, Kurt Vile ou encore Julien Baker. Tout est allé vite, très vite même, pour la craquante Lucy Dacus qui avec son excellent premier opus, No Burden, fait une entrée saisissante sur le devant de la scène indépendante américaine.

La musique de cette talentueuse auteur-compositrice-interprète âgée de tout juste vingt et un ans présente il est vrai de bien beaux atours. Le son d’abord. De l’indie rock enlevé de I Don’t Wanna Be Funny Anymore à la power pop entraînante de Strange Torpedo en passant par le blues entêtant de Troublemaker, Doppelganger et les délicates ballades folk Trust ou Familiar Place, la jeune américaine, dont les mélodies irrésistibles accrochent instantanément l’oreille, sait tout faire. Et c’est avec aisance et brio qu’elle passe d’un registre à l’autre, parfois au sein d’un même morceau (Dream State).

Difficile d’imaginer que l’album a été enregistré en vingt heures seulement par quatre musiciens qui n’ont eu qu’une poignée de jours pour réarranger l’ensemble des parties instrumentales initialement écrites par Lucy sur un format solo guitare-voix. L’alchimie musicale est parfaite et le son, direct et percutant, impeccable.

Les textes ensuite. Malgré son jeune âge, c’est avec une maturité certaine que Lucy nous parle de ses peurs et de ses doutes, de l’affirmation de soi, de l’amitié et de l’amour aussi. Autant de thèmes personnels mais à vocation universelle présentés avec une sincérité empreinte de poésie qui ne peut que toucher. A l’image de ces quelques vers de Trust : « If beauty is the only way / to make your nightmares go away / I’ll plant a garden in your brain / and let the roots absorb the pain » ou de cette phrase « Without you I am surely the last of our kind / without you I am surely the last of my kind » reprise en écho sur les deux titres Dream State et Familiar Place.

Le propos est sérieux et déterminé (« I don’t wanna be funny anymore » annonce d’entrée de jeu la jeune femme sur le titre éponyme), mais reste optimiste car son auteur conserve foi en l’avenir (« Well I got more problems than not / But I feel fine / and I made up my mind to live happily / feeling beautiful beneath the trees / above a ground that’s solid at the core / (….) / Hoping good comes from good / and good comes from bad anyway », sur Map On A Wall). Comme ses aînées Waxahatchee, Courtney Barnett ou encore Sharon Van Etten, Lucy saisit le quotidien à la perfection. Elle montre un sens de l’écriture rare qui apporte à ses compositions esprit et intensité.

La voix enfin. Originaire de Richmond, Virginie, Lucy possède une voix chaude et profonde typique du sud des Etats-Unis. Une voix aux accents soul irrésistibles, puissante et douce à la fois. Une voix qui donne magnifiquement corps aux textes qu’elle porte et constitue un instrument essentiel de la musique qui est jouée. Les sept minutes trente de la pièce centrale de l’album, le bouleversant Map On A Wall, en sont sans aucun doute l’illustration la plus brillante. Impossible de ne pas succomber dès la première écoute !

I’ll play guitar and I’ll be the artist (…) I’m serious” affirme la jeune femme sur son premier morceau. Nous voulons bien la croire, tant le pari semble d’ores et déjà largement réussi ! Et c’est le plus sérieusement du monde aussi que de notre côté nous nous apprêtons à suivre de très très près le futur de cette graine de star.

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Les titres essentiels : Map On A Wall et Dream State
Ecouter : sur bandcamp par exemple
Site : www.lucydacus.com

Bonus

Version acoustique du très beau titre Map On A Wall enregistré en août dernier sur le toit d’un immeuble de Richmond (la ville natale de Lucy) :

 

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