EN LIVE :: parce que sur scène c'est mieux
The Leisure Society @ Café de la Danse – 06/05/12

Roller popster
Ils n’en ont pas l’air comme ça, mais les Leisure Society ont un sacré strabisme divergent. A côté, Jean-Paul Sartre pouvait sans problème viser une mouche au sommet d’une montagne des Rocheuses. Evidemment, à force de lorgner à la fois sur l’esprit folk west-coast des Byrds et la quintessence de la pop anglaise façon Kinks et Beatles, on ne peut que s’inquiéter pour l’état des yeux de Nick Hemming et sa bande. Mais quand la troupe prend possession de la scène du Café de la Danse pour lancer Another Sunday Psalm, balade folk croquignolette sur leur tout nouvel album Alone Aboard The Ark, on oublie toute considération ophtalmologique pour n’avoir qu’une envie : les rejoindre sur le tapis volant qui les élève depuis leurs premiers pas vers les hauteurs d’une mélodie claire et flamboyante.
King Creosote @ Point FMR – 26/04/13

Magic King
On aurait pu penser que Jamie Stewart (Xiu Xiu) ou Kevin Barnes (Of Montreal) étaient les démiurges les plus prolixes actuellement dans la sphère rock. Mais ils se sont bel et bien fait doubler par un curieux personnage, un oiseau rare qui a tout de même enregistré pas loin de quarante albums en moins de vingt ans de carrière, tout en préférant se mettre à l’abri du music business derrière ses propres barrières (« Fence », en VO, qu’il a choisi pour nommer son label). Résumer Kenny Anderson, plus connu sous le nom de King Creosote, à cette seule performance serait cependant injuste, car l’Ecossais est avant tout un songwriter extraordinaire, un magicien qui sort de son chapeau des chansons qu’on pensait devoir attendre toute une vie avant de les connaître.
Chelsea Wolfe @ Le Point Ephémère – 07/05/13

Woman in black
Chicalyoth, Kill for Total Peace et bien sûr, l’artiste californienne Chelsea Wolfe en tête d’affiche, la soirée qui s’est déroulée le 7 mai au Point Éphémère ne ressemblait guère à celle qu’à l’habitude de fréquenter à l’écoute. Dress code « all in black », sans être vraiment métal, l’ambiance se situait clairement du côté obscur de la force. Cependant, si cela avait été nécessaire, la présence du photographe Robert Gil aurait rassuré les boulimiques de concert que nous sommes : le Point F était bien, ce soir, « the place to be ».
Chicaloyoth ouvre le bal sans réussir à faire tourner les têtes. Certes, il est toujours impressionnant de voir une brindille guitare électrique à la main mais depuis PJ Harvey, il en faut heureusement plus pour faire une rock star. L’excuse de la jeunesse est probable.
Kishi Bashi @ Nouveau Casino – 13/05/06

Kishi l’enchanteur
Assister, le 6 mai dernier, au premier concert parisien en solo de Kishi Bashi fut un privilège. Devant moins d’une centaine de personnes, qui, cependant, ne s’étaient pas déplacées par hasard, cet artiste aux multiples projets a dispensé un show enchanteur et empli d’une douceur rare cette salle parisienne pourtant réputée pour son acoustique brute de décoffrage.
La première partie à peine terminée, Kaöru Ishibashi installe lui-même son matériel. Un violon, deux micros, un sampleur et des pédales d’effets : point besoin d’en rajouter pour constituer l’orchestre personnel de ce musiciens hors pair qui jongle d’un instrument à l’autre avec une souplesse et une dextérité impressionnante. A l’instar de ses prédécesseurs, les hommes-orchestres justement, Kishi Bashi semble à mi-chemin entre le saltimbanque et le magicien.
BRNS & Wave Machine @ Café de la Danse – Clap Your Hands Festival – 17/04/13

Je ne sais si c’est l’âge ou une « trop » grande quantité de concerts vus ces dernières années… mais j’ai le sentiment d’être de plus en plus sensible aux perturbations extérieures lorsque j’assiste à un live. Nana jouant avec sa tablette, myriades de téléphones pointés en l’air pour capter de mauvaises vidéos ou fan réalisant un duo avec son chanteur préféré, quand ce ne sont pas des conversations qui couvrent tout simplement la musique… je finis régulièrement ces derniers temps par décrocher du spectacle que j’étais pourtant venu voir avec envie. Et il me faut un effort démesuré pour m’y replonger, quand c’est seulement possible.
Jacco Gardner @ La Flèche d’Or – 09/04/13

Avant un vendredi soir de février à la mécanique ondulatoire, on n’avait encore jamais vu à Paris le fabuleux Jacco Gardner. C’est à la flèche d’or que le hollandais fera sa deuxième apparition en France pour un envoûtant concert. Initialement programmé à l’Espace B, la maison de production du groupe (Alias) modifie le lieu du concert quelques semaines seulement avant la date retenue afin d’accueillir un plus grand nombre de spectateurs désireux de venir écouter ce garçon au succès croissant. Les murs de la vieille gare de la rue de Bagnolet font alors bien l’affaire. Accueillis au son d’une playlist psychédélissime où se succèdent merveilles des Pink Floyd, Zombies et autres groupes de cette belle période musicale, les heureux présents n’auront pas été déçu du voyage.










